Traduction de Marina Morello et Jean Claude Lange
Pour ceux qui ont parcouru le chemin de Compostelle, parcourir la Via Francigena, surtout la partie non italienne, est une expérience incroyable Ici on rencontre des difficultés de parcours que nous n’aurions pas supposé sur le chemin Compostelle; le balisage est insuffisant, ambigu ou contradictoire, il manque des accueils, il manque les pèlerins avec qui partager le chemin. Ces difficultés pourraient épouvanter ceux qui s’apprêtent à faire un chemin pour la première fois,
donc je te déconseille de parcourir la Via Francigena, surtout si tu es seul et si tu ne te sens pas déjà «pèlerin», grâce à un précèdent chemin de Compostelle ou grâce à d’autres parcours très personnels. Si tu te sens pèlerin, la Via Francigena te donnera la possibilité d’expérimenter une merveilleuse vérité: si tu portes avec toi le paradis découvert à Santiago, si tu te sens constamment pèlerin dans le monde, si tu marches sans défense en portant ton cœur dans tes mains nues, toutes les portes s’ouvriront pour toi.
Sur la Francigena, tu peux expérimenter la merveille de porter le paradis connu sur le chemin Compostelle dans ta vie quotidienne.
On peut décider de parcourir la Francigena «rationnellement» en téléphonant à temps pour trouver un accueil, en sachant que ce n’est pas aussi simple de le trouver que sur le chemin Compostelle. En ce cas il est bon de téléphoner quelques jours avant, programmer avec précision les étapes et être disposé à payer souvent pour les Hôtels ou les Chambres d’Hôte. Partir en deux sera une bonne chose soit car souvent les chambres doubles et individuelles coûtent le même prix (ou presque), soit car en dormant souvent en Hôtel on peut se sentir seuls et ce n’est pas agréable.
Au contraire on peut parcourir la Francigena, forte de ce que l’on a expérimenté sur le chemin de Compostelle, en s’en remettant à la providence. Marcher avec le cœur ouvert et accueillant, sans rien demander mais toujours prêt à donner et à recevoir. Alors beaucoup de portes s’ouvriront et, souvent, un sourire et un salut seront rendus avec l’offre d’un dîner ou d’un lit.
J’ai parcouru la Via Francigena pour expérimenter si c’était possible de porter dans le quotidien tout ce que j’avais vécu sur le chemin Compostelle, donc j’ai cherché à être toujours ouverte et à m’en remettre à la providence.
Avant de partir, j’ai contacté plusieurs personnes qui vivent le long de la Via et qui font partie des associations pour la paix, hospitality club (www.hospitalityclub.org) et Servas (www.servas.it, www.servas.org) qui ont fait de la paix un instrument privilégié pour changer les rapports entre les hommes. Je me suis associé aussi à «coach surfing» (www. coachsurfing.org) et à Calais j’ai été accueillie par Marc de cette association. J’ai aussi été accueillie par des gens connus le long de la Via ou par les amis de ceux qui m’accueillaient.
J’ai aussi utilisé la liste d’hospitalité de l’Association Via Francigena international, gentiment donnée par François Louviot (Président de l’Association Via Francigena France) et les renseignements du guide de Paul Chinn et Babette Gallard.
Dans les étapes, je dresserai une liste des renseignements que je possède. Je conseille en tout cas de s’intéresser et de s’inscrire, indépendamment que vous fassiez ou non la Via Francigena, aux associations Hospitality club et Servas qui avec leurs principes et objectifs ont une grande affinité avec le monde «pèlerin».
Le balisage est insuffisant, ambigu, contradictoire. Je répète ce que j’ai déjà dit dans l’introduction: pour l’instant mon conseil est:
«Suivez le balisage SEULEMENT SI, je répète, SEULEMENT SI quelqu’un (pèlerin, rigoureusement pèlerin) l’a fait et vous assure qu’on peut le suivre, ou s’il correspond à ce que vous vouliez faire (en suivant mes notes ou le guide anglais, ou vos cartes ou autre).»
Magasins, bars, restaurants, Points Internet.
En France, on traverse des villages demi- inexistants, on peut marcher plusieurs jours sans rencontrer une épicerie. Les bars sont très rares et n’ont rien à manger, ils ont seulement le café et les alcools: on doit acheter ailleurs (si on trouve) croissants ou biscuits et les porter dans le bar. Donc il est bon d’avoir toujours dans le sac quelque chose à manger plus que sur le chemin Compostelle. Dans les petits villages, de temps en temps, les fourgonnettes du boulanger et des épiceries passent, mais, comme vous êtes en chemin, vous pourriez ne jamais les rencontrer.
Vous trouverez les Points Internet (très peu), seulement dans les grands centres.
N’ayez pas peur, je n’ai jamais sauté un repas, au contraire souvent j’ai refusé ce qu’on me donnait car c’était «trop». Donc, il faut un peu de prévoyance mais sans se rendre fou.
Laissez-vous conduire par le chemin, laissez-vous porter et apprenez à lire les «signes» que le chemin vous donne. Ce sont des signes moins évidents que les flèches jaunes de Compostelle, mais ce sont des signes qui vous indiqueront la voie aussi dans votre vie quotidienne, dans le chemin de la vie. Si vous apprenez à les lire et à avoir confiance vous porterez le paradis avec vous quand vous reviendrez chez-vous.
Tous mes renseignements se réfèrent au parcours que j’ai fait, en utilisant les petites routes secondaires et les sentiers. Différents parcours auront des situations (d’accueil, de difficultés, d’alimentaires,…) différentes: je ne décris pas la France mais seulement le parcours personnel que j’ai fait.