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Pourquoi les centres sur les chemins

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traduction de Alice Aveta
Le paradis perdu auquel nous aspirons tous, tout en ne nous en souvenant pas, est un lieu d’harmonie où toutes les divisions n’ont pas raisons d’être. Un endroit où il n’y a pas de conflit, ni de culpabilité ou de ressentiment. Un endroit où nous sommes conscients de notre appartenance et de notre unité. Où nos innombrables parts coexistent en harmonie et se manifestent ainsi de multiples façons dans l’univers. Un endroit où tous les êtres jouent de leur instrument, chantent leur chanson et dont le résultat est une musique extraordinairement riche et harmonieuse, une symphonie où chacun est libre d’exprimer sa joie, mais où toutes les voix sont équilibrées. Je ne sais pas si cet endroit existe physiquement , mais je sais que ce lieu existe au sein de chacun d’entre nous, comme un lieu psychologique et symbolique, comme une «mémoire» dont nous sentons le manque, comme une promesse à laquelle nous aspirons. Mieux encore, les blessures que nous vivons dans notre vie quotidienne se teintent de nostalgie et de la quête d’un lieu d’apaisement. Alors que notre société devient de plus en plus fragmentée et aliénante (selon que nous l’examinons en prenant en compte les ennemis qu’ils soient réels ou potentiels), nous remarquons que les différentes parties de nous sont inconciliables. Notre désir d’harmonie, d’équité, de paix, d’appartenance augmentes proportionnellement.
Les initiatives visant à donner voix et corps à cette problématique, à établir des passerelles et des connexions à l’intérieur de nous et hors de nous se multiplient. On dénombre une pléthore de nouvelles approches de la recherche de l’harmonie intérieure: la méditation, la bio-danse, la bioénergie, les techniques et thérapies non conventionnelles, la psycho-généalogie, les constellations familiales, le PNL et un millier d’autres. A’ la quel on accompagne un nombre toujours croissant des initiatives et associations finalités à chercher l’ harmonie avec les autres: associations pour la paix, l’écologie, pour le développement équitable, un développement qui sois pour l’homme et pas de la technologie. Tout homme en ce moment, tente de retrouver laborieusement, comme il le peut, ce paradis perdu qu’il n’a probablement jamais connu mais dont il est en la recherche.
Et puis, il y a les chemins. En fait, en ce moment, il y a un chemin et la nécessité, la nécessité d’en élaborer d’autres. C’est difficile à croire pour ceux qui ne l’ont pas fait, mais demandez à quelqu’un qui a effectué le voyage vers Santiago et il vous dira. Il vous dira qu’en l’espace de deux jours, il s’est peut-être écoulé dix ans dans sa manière de réfléchir et dans son cœur. Le retour à la vie quotidienne est pour lui une lutte empreinte d’une indicible nostalgie, je tiens à le dire. En d’autres termes: pour celui qui a connu le paradis sur terre, il éprouve encore plus de difficultés à le perdre.
Le chemin de Santiago est un paradis perdu pour ceux qui en reviennent. Non pas que tout y fonctionne bien. En effet, il faut faire face à la fatigue, s’occuper des douleurs physiques, des imprévus,… mais c’est un paradis car nous sommes parfaitement en harmonie à l’intérieur de nous-même et hors de nous, avec les autres et le cosmos. Nous ressentons chaque jour la sagesse cosmique, le soutien, la fraternité, la foi en la vie.
Ce type de démarche, peut-être entreprise dans la vie quotidienne de chacun. Ce changement est dont possible mais aussi nécessaire. Pour changer le monde dans lequel nous vivons dans la nostalgie et le regret de la justice, nous devons prendre notre quotidien en main. Dans travaillons dans la même vision que toutes les initiatives et associations qui se sont engagées à créer de l’harmonie à l’intérieur de chaque être et des connexions entre les personnes. Cependant, c’est un travail difficile, perturbant et frustrant,… comme d’essayer de vider l’océan avec un seau…
Comme toujours, nous pouvons nous déplacé en tous les directions, mais pas contre-courant, c’est fou ! On doit ce déplacé comme des oiseaux dans le ciel, les poissons dans la mer, sachant que nous n’avons pas la force pour aller contre, nous pouvons seulement étudier la courant et se lasser transporter.
Les centres sur les chemins veulent être un instrument pour transformer la réalité (qui sort d’un cours de soutien existant) et le renforcement de leur présence a pour but de créer un cercle vertueux, un processus auto-catalytique. Les chemins sont d’anciennes lignes d’énergie très anciennes, les plus anciennes ont des milliers d’années et datent d’avant le christ… Les nombreuses cathédrales et hôpitaux sur les chemins médiévaux, selon la tradition française, s’inscrivent dans le sillage d’un voyage celtique. La légende de Compostelle que le corps de Saint-Jacques est en réalité celui d’un druide. Est-ce exact? Allons-nous à Santiago pour une druide, Saint-Jacques ou un inconnu dont les restes sont devenus le symbole de quelque chose qui lui était à lui-même inconnu? Quelle question. Est-ce un voyage sur la terre sacrée parce que des flux d’énergie et leur aboutissement poussent les hommes, d’étape en étape, pendant des millénaires? Quelle question.
Le chemin est-il né de la puissance exercée par la terre pendant des siècles et dont les hommes ont été infectés? Ou bien, les hommes, marchant pendant des siècles ont-ils posé leur empreinte dans le sol, dans les arbres et la force du chemin est-elle née de leurs voyages?
Quelle question: dans un cercle, il n’y a ni début, ni fin. Il advient, un moment donné, que le chemin crée le pèlerin et que le pèlerin crée le chemin. En osmose, chaque pèlerin acquiert une nouvelle façon de percevoir l’Existence et l’approuve. Chaque semelle de chaussure de chaque pèlerin, chaque respiration, chaque source d’eau potable, les mots des hommes qui ont réuni leurs pensées, les nouveaux rythmes et les expériences qui le font tendre vers l’osmose l’y poussent. Chaque pèlerin, né de l’osmose, en osmose avec son propre pas adhérant à la terre, avec son souffle, avec la joie éprouvée malgré la fatigue, plongé dans ses propres pensées, avec ses gestes nouveaux de chaque instant, laisse un morceau de ses changements intérieurs dans les pays qu’il traverse. De ce don naît un changement dans les courants d’énergie. Cela rend le chemin plus à même d’assumer le flot grossissant des pèlerins.



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